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Editorial avril 2007

Publié le jeudi 29 mars 2007, par Adrienne

Le Carême touche à sa fin. Les jours sombres de l'hiver font place, petit à petit, aux longues journées de lumières. La nature nous rappelle que la mort (l'hiver) cache une vie nouvelle à naître (le printemps). Le Carême y est semblable, il rappelle qu'au bout de son temps, il y a l'espérance de la vie nouvelle. Cette vie, la résurrection du Christ - Pâques que les temps modernes réduisent de plus en plus à une fête de congé. La science explique tellement de choses que la foi s'oublie et entre en conflit avec la vie matérielle qui écrase de plus en plus la vie de l'homme.

Dans Pastoralia de mars, les propos du Cardinal Danneels posent la question : La science ou la foi ? Qui remporte le duel ?

Nous vous donnons ci-après quelques extraits.

« On entend parfois des gens affirmer calmement qu'un jour viendra où la science et la technique rendront la foi superflue. On pourra alors bien vivre et penser sans avoir à croire. La page de la foi sera tournée, car la raison expliquera tout et la technique accomplira tout à la perfection. Dans ce contexte, à quoi bon Dieu, la foi et l'Eglise ? Ils deviennent peu à peu des vieux paletots à pendre au portemanteau. Même en seconde main, ils ne trouverons plus amateurs. Ira-t-on jusque là ?

C'est à la foi que nos ancêtres rattachaient d'ordinaire l'inexplicable : les catastrophes naturelles étaient autant de châtiments divins et une moisson abondante constituait une récompense. Dieu réglait le cours des événements, mesurant la récompense ou la sanction méritée par nos actes. Il restait pourtant encore bien des choses totalement inexpliquées, comme, par exemple, la souffrance d'un innocent. Mais on remisait cela dans le livre des mystères divins. Le « pourquoi » finirait par apparaître.

Aujourd'hui, la situation est tout autre : à propos de bien des événements et des choses, nous connaissons tant le « comment » que le « quoi ». Un très grand nombre de réalités sont désormais scientifiquement explicables et techniquement contrôlables. Si ce n'était pas encore le cas, cela viendra un jour ou l'autre.

Même pour les malades et les autres maux, on ne s'adresse plus à Dieu et à ses saints bien-aimés pour qu'ils nous libèrent des « mauvais esprits ». Nous avons repéré les coupables : les virus et les microbes. Et si on veut guérir, on préfère aller en pèlerinage chez le pharmacien le plus proche. Jupiter ne se cache plus derrière chaque orage : il a passé la main aux météorologistes. Le temps qu'il fait n'est plus un outil entre les mains divines. Pour les troubles psychiques, nous disposons d'une autre adresse encore : celle des psychologues et des psychiatres. L'âme n'est plus peuplée d'habitants ou d'esprits maléfiques.

Les loisirs et le temps libre sont en grande partie dissociés des fêtes religieuses : le calendrier est désacralisé. La culture sécularisée a pris les fêtes en charge, et c'est elle qui fixe l'alternance du travail et du repos. Nous nous relaxons autrement que grâce à la religion. Les vacances ont reçu un nouveau nom et la pression sur le dimanche ne cesse de s'accroître.

Le silence n'existe presque plus : se retrouver paisiblement seul devient une denrée rare. Le bruit est omniprésent, tandis que le cosmos bourdonne d'ondes électroniques. Il devient alors plus difficile de réfléchir, de prier ou de se rapprocher de soi-même et de Dieu. Il y a trop de bruits : « Le bruit est rarement bon et le bien fait peu de bruit » (François de Sales). La rapidité avec laquelle tout se passe rend presque impossible la prise de distance et la réflexion. Ce qui mesure le temps n'est plus la patiente horloge de la chambre de séjour. Ce n'est pas davantage le rôle de l'âme.

Les sciences positives ne combattent pas la foi : elles la purifient, séparant le métal de ses scories. Notre dépôt de foi n'est jamais transmis totalement pur : le fruit est dans une écorce qu'on détache peu à peu. L'opération est salutaire et nécessaire, encore que très délicate. Celui qui l'arrache trop brusquement, risque d'endommager le fruit. Qu'on songe au récit de la création en six jours, d'après la Genèse. Les jours appartiennent à l'écorce (le récit), mais non au message. Avec sa théorie du Big Bang ou sa doctrine de l'évolution, la science s'est depuis longtemps appropriée la question du « comment ». Et à juste titre. Mais la simple question du « pourquoi » de l'existence des choses reste entièrement ouverte. C'est le domaine de la foi. Le processus de purification est donc salutaire.

En outre, la foi rappelle constamment que les scientifiques travaillent sur des hypothèses toujours soumises à vérification et à changement. La foi et la science entretiennent donc entre elles une relation humble et loyale. Mais c'est aussi un fait que la science nous libère de bien des angoisses et qu'elle nous ouvre bien des possibilités. Si on y consent, elle aide à passer d'une prière de demande, souvent envahissante, à une prière d'adoration et d'action de grâce. Un espace se libère ainsi pour remercier Dieu, y compris pour la science elle-même.

Un seul mur reste infranchissable malgré tous ces progrès : le mur de la souffrance et de la mort. Certes, il recule de plus en plus grâce aux avancées de la médecine et de ses techniques. Nous disposons de davantage de moyens pour préserver, améliorer et prolonger la vie ; mais le dernier ennemi, la mort, ne cède pas. Bien sûr, elle est scientifiquement explicable puisque les cellules ne sont pas éternelles. Mais son « pourquoi » n'en est pas éclairci pour autant.

Mais le désir de comprendre et de maîtriser peut devenir sauvage et gourmand. Même désensorcelée, la nature appelle le respect. L'être humain en devient toujours plus conscient, cherchant un rapport à la nature qui soit mesuré et équilibré. Il ne veut plus seulement dominer, mais bien plutôt négocier. L'écologie l'incite à ne plus se comporter comme un dieu. Tout lui est donné à gérer ; mais non à posséder.

En soi, la science et la technique ne sont ni dangereuses ni favorables pour la foi. Tout dépend de ce que l'homme en fait, comment il le fait et dans quelles dispositions. Par ailleurs un danger se profile lorsque le scientifique en reste à mi-chemin et qu'il tire des conclusions hâtives. Celui qui va au plus loin de sa recherche, trouve rarement des raisons de ne pas croire. « Après toute ma quête d'explications scientifiques, disait A. Einstein, je dois avouer : que ce qui me reste le plus incompréhensible, c'est que les choses puissent être comprises ».


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